TENNIS / A cœur ouvert avec un jeune espoir du tennis algérien : Youcef Rihane (GSP) : «Certes l’arrêt des compétitions est dommageable, mais la santé des citoyens passe avant tout»

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Youcef Rihane est l’un des meilleurs joueurs que le tennis national ait produit, au regard de ce qu’il a réalisé comme performances, notamment en 2019.

Propos recueillis par Sadek Belkheir

Youcef Rihane, tennis man évoluant au GS Pétroliers, a été sacré meilleur joueur arabe pour l’année 2019, dans le classement de l’Union arabe de tennis (UAT). Il a été aussi primé pour avoir achevé l’année 2019 à la 68e place au classement mondial juniors de la Fédération internationale de tennis (ITF). Vice-champion d’Afrique en titre, il s’est distingué dans diverses compétitions internationales cette même année 2019. En tant que junior, Rihane a pris part aux prestigieux tournois de Roland Garros, Wimbledon et l’US Open. Aujourd’hui, il entre de plain-pied dans la catégorie des seniors. Rencontré lors du Tournoi national disputé à Oran il y quelques jours, tournoi qu’il a d’ailleurs remporté, Rihane ouvre son cœur à nos lecteurs dans cet entretien qu’il a bien voulu nous accorder.

  • Un mot sur le Tournoi national que vous venez de remporter à Oran ?

Au regard de la conjoncture actuelle caractérisée par le report de la majeure partie des compétitions, c’était une aubaine pour moi et les autres participants afin de rester dans la continuité. La bonne organisation constatée au complexe de l’ASPTT Oran était aussi une source de satisfaction. Côté participation, j’ai bien géré mes matchs, notamment en demi-finale face Hamza Reguieg, qui évolue au sein d’une académie en Italie, mais surtout la finale contre un joueur expérimenté qui n’est autre que  Mohamed Hassan du club ASSN Alger. Les qualités intrinsèques de mon adversaire m’ont poussé à me transcender et au final, j’ai su comment le prendre à défaut pour le battre et m’adjuger le trophée. Avec la présence des 10 meilleurs joueurs sur le plan national, le niveau de cette compétition a été jugé appréciable.

  • L’absence de certains bons éléments n’avait-elle pesé sur le niveau de la compétition ?

Certes, les débats auraient été plus relevé n’était-ce certaines absences comme celle de Nazim Makhlouf ou de Abdelhak Hameurlaine, joueur le plus titré au niveau national, avec 22 consécrations. Mais en revanche, ce tournoi a enregistré la présence de plusieurs jeunes en pleine émergence et qui sont en train de bousculer la hiérarchie.

  • Senior cette année, plusieurs défis vous attendent désormais …

L’étape des juniors que je viens de boucler, avec tout ce que j’ai réalisé dans cette catégorie, n’est que le début de ma carrière. L’étape qui suit est importante et nécessite beaucoup de moyens et de labeur. Pour l’heure, je suis en Algérie depuis septembre dernier et n’ai pas les moyens nécessaires pour aller m’entraîner à l’étranger, surtout que la FAT et le MJS traversent des moments difficiles. En somme, je dois me sacrifier et tout faire pour aller de l’avant. Je ne dois surtout pas perdre espoir, bien que je n’aie rien eu de palpable depuis le mois de juillet passé.

  • En d’autres termes, vous rencontrez des difficultés dans votre préparation …

Effectivement, mais rien ne pourra diminuer de ma détermination à aller de l’avant, moi qui ne cesse de relever les défis depuis mon plus jeune âge. D’ailleurs, ma famille et mes parents sont partie prenante avec moi et me soutiennent à fond malgré toutes les entraves rencontrées.

  • Et puis il y a cette pandémie du coronavirus qui frappe aussi notre pays. Un problème de plus pour vous, n’est-ce pas ?

Certes, le Covid-19, qui a mis le pays au ralenti et fait suspendre toutes les compétitions sportives, n’arrange pas les choses, mais la santé des citoyens est plus importante que tout le reste. On doit faire avec pour se préparer en solo et surtout suivre à la lettre les mesures de prévention préconisées et le programme d’entraînement dont je dispose en ne négligeant aucun volet technique.

  • Malgré tous ces aléas, quels sont vos prochains rendez-vous importants ?

Tout d’abord, bien préparer mon Bac. Ensuite, si tout va bien du côté confinement et en espérant la fin de cette pandémie, je dois participer à certains tournois internationaux. Pour cela, je ne dois pas m’arrêter un seul instant et continuer à travailler sans relâche. Je suis un battant issu d’une famille de sportifs, essentiellement des tennismen (NDLR : le père et la mère du joueur, ainsi que ses deux oncles Samir et Yacine Amier. Ce dernier a été sacré champion d’Algérie junior et senior en 1978). Alors, pas question de m’arrêter en si bon chemin.

  • Un dernier mot pour conclure ?

Merci à tous ceux qui me soutiennent, en particulier mes parents et mes proches. Je souhaiterais vraiment, qu’il soit vite mis fin à cette épidémie qui nous frappe de plein fouet. Au tennis, on ne doit jamais arrêter de s’entraîner. D’autres joueurs nationaux sont d’ailleurs dans la même situation, notamment ceux qui ont eu l’occasion de s’illustrer à chaque fois au niveau international comme Inès Ibbou. Il nous faut donc continuer de travailler d’arrache-pied et prendre notre mal en patience.