« Dès son arrivée à la tête de l’équipe nationale, Belmadi nous a transmis sa mentalité : si on joue, c’est que pour gagner…»

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Quelle analyse faites-vous de la CAN remportée l’été dernier mais aussi du travail du sélectionneur Djamel Belmadi depuis son arrivée à la tête de la sélection au vu de votre expérience dans le groupe ?

L’image que l’équipe a montrée et que j’ai ressenti, c’était celle d’une équipe déterminée qui a dès le début montrée son envie de gagner la CAN. On a fait preuve d’une grosse motivation, et d’une volonté de gagner le trophée dès le début de la compétition. On a vite senti que si l’on jouait cette CAN, ce n’était pas pour aller juste chercher un quart de finale et rentrer à la maison. Les gars, ils ont joué pour gagner le trophée. 

Et cette mentalité, c’est le coach qui nous l’a transmis dès son arrivée à la tête de l’équipe. Pour lui, si l’on joue c’est que pour gagner et ça le groupe l’a très bien compris. Et sur le terrain, ils ont tout donné pour aller au bout, Ce qu’ils ont fait est magnifique, ils ont joué avec le coeur et c’est ce que le peuple aime. Et pour ça, on ne peut que leur dire bravo. 

On évoque souvent le match de novembre 2018 face au Togo (NDLR : match que Abdellaoui a joué en entrant à la place de Ramy Bensebaini à la mi-temps), comme le match tournant de la sélection et du mandat du sélectionneur. Est-ce que vous pensez vous aussi en tant que joueur qu’il y’a eu un « déclic » à ce moment-là ? 

Totalement, il y a réellement eu un déclic ce jour-là parce que cela faisait longtemps que l’on avait pas gagné à l’extérieur en Afrique. Et le jour du match, le coach avait énormément insisté pour que l’on change cela et qu’on entre sur le terrain uniquement pour gagner parce qu’on avait tout pour le faire. Il ne fallait pas se louper et c’est ce qu’on a fait en ayant bien réalisé ce qu’il nous a demandé. On a vraiment bien joué sur ce match là et on a gagné sur ce score de quatre buts à un. 

Ça a été un réel déclic et disons que c’est là que où l’équipe nationale a réussi à « démarrer ». Et puis sur un plan personnel, je suis très très content d’avoir pu participer à ce match déclic en étant rentré sur le terrain à la place de Bensebaini. 

Comment abordez vous les prochaines échéances qui arrivent pour la sélection entre la fin des éliminatoires de la CAN 2021 et les futures qualifications au Mondial 2022. Malgré le fait qu’elles aient été ou seront potentiellement décalées en raison de l’épidémie de coronavirus. Est-ce que vous en discutez au sein du groupe ? 

Les matchs qui arrivent seront très importants pour la sélection parce que maintenant tout le monde attend les performances de l’Algérie. Nos adversaires et les autres équipes du continent savent qu’elles affronteront le champion d’Afrique en titre, et vont tout donner pour pouvoir se montrer. Pour le moment, on en a pas encore trop discuté vu que ce qui se passe. Mais on est conscients qu’il faudra faire très attention et qu’on devra être concentré et travailler pour y arriver inch’Allah. 

Abordons votre carrière en remontant le temps et notamment celui de l’AC FAF où vous avez été formé avec une génération prometteuse qui a réussi à se hisser en finale de la CAN U23 en 2015 et s’est qualifiée au JO 2016. Quels souvenirs gardez-vous de vos années de formation au sein de cette académie de la FAF et de votre parcours jusqu’aux JO ? 

Dès que j’ai l’occasion de parler de cela, je tiens toujours à remercier tout ceux qui nous ont permis d’arriver à devenir footballeur professionnel. Parce que à l’époque surtout mais aussi maintenant, il y’a un manque en termes de centre de formation et d’académies pour les joueurs en Algérie. Et nous, ce projet et cette académie de la fédération nous a donné l’occasion d’avoir une très bonne formation. Les résultats de ce travail en sont la preuve avec des joueurs qui ont réussi à avoir l’opportunité de jouer en Europe et en équipe nationale A. Et ça, c’est notre plus grande fierté. 

Jouer les Jeux Olympiques pour c’est pour pays, c’est quelque chose de merveilleux rien que par le fait d’y participer. C’est quelque chose de spécial et de bénéfique aussi pour notre carri!re. On avait une très belle équipe même si malheureusement pendant la compétition ça n’avait pas vraiment marché. Les qualités de cette équipe on les a vu à la CAN (espoirs 2015), où l’on a fait un très beau parcours en allant jusqu’en finale. Même si aux JO, on aurait pu mieux faire. 

On garde tous des souvenirs exceptionnels de cette période où l’on a beaucoup travaillé et réussi à faire de belles choses. Je remercie encore toutes les personnes qui ont fait cette académie notamment les coachs. Dans ma génération, je pense à cheikh Menad et cheikh Horr que je tiens à remercier du fond du coeur. 

Puis lorsque l’on voit ses anciens camarades de promotion jouer en Europe comme Darfalou à Venlo, Ferhat à Nîmes ou encore Benkhemassa à Malaga, c’est d’autant plus satisfaisant je suppose. 

Oui comme je vous l’ai dit, c’est une grande fierté et j’espère inch’Allah qu’il y aura d’autres joueurs qui iront encore plus loin. Quand je les vois réussir, je me vois aussi en eux parce qu’on a eu le même parcours, les mêmes difficultés et on a galéré ensemble. Et hamdoulilah, on les voit réussir dans leur vie et jouer au plus haut niveau comme Ferhat dans un championnat relevé comme la Ligue 1 (française). C’est quand même bien pour quelqu’un qui a fait toutes les jeunes catégories en Algérie. Donc voir arriver ses camarades de formation au niveau où ils sont actuellement, c’est vraiment une satisfaction. 

Autre point commun entre vous, l’USMA club au sein duquel vous avez remporté un titre de champion d’Algérie, gagné une Supercoupe et laissé une image forte auprès des supporters. Comment vivez-vous à distance les difficultés sportives et extra sportive des Rouge et Noir ?  

Je garde toujours un oeil sur ce qui se passe à l’USMA, et je sais que la situation du club est difficile au vu de tout ce qui a pu se passer ces derniers mois. Il y a beaucoup de soucis financiers avec les joueurs et le staff qui n’ont pas pu être payés. Et il est normal de voir que cette situation a aussi des répercussions sur le terrain. Mais, l’USMA est et restera un grand club. Et désormais, il y a un repreneur qui a pris l’équipe en main. Je leur souhaite inch’allah de retrouver rapidement une situation stable. 

Je reste toujours en contact avec les joueurs actuels de l’effectif, que ce soit moi mais aussi des anciens coéquipiers qui ont quitté le club. On discute tout le temps de l’USMA, on regarde les résultats et on suit toutes les infos sur l’équipe. Je garde un très très bon souvenir de mon ancien club, celui qui m’a ouvert les portes de ma carrière pro. Et ça, je ne l’oublierai jamais et je ne les remercierai jamais assez pour cela   

Pour conclure cette interview, quel mot souhaiteriez vous adresser aux algériens et à nos lecteurs qui suivent de près votre parcours et vos performances ? 

Prenez soin de vous, restez à la maison et surtout respectez les consignes (par rapport à la prévention du coronavirus). On est ensemble !