Judo : Une participation loin du compte

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Les judokas algériens ont raté leur sortie dans ces 16es Jeux Méditerranéens de Pescara (Italie) 2009, qui viennent de prendre fin. C’est le moins que l’on puisse dire si l’on se réfère au tableau final des médailles remportées par nation. En effet, classés à la modeste onzième place, nos nationaux confirment ainsi le recul du judo algérien, entamé déjà lors des deniers Championnats d’Afrique de l’Ile Maurice où, rappelons-le, l’Algérie avait perdu sa double couronne de champion d’Afrique Messieurs en individuels et par équipe.

Tunisie, Egypte et Maroc devant…

Alors que nos principales nations rivales de Tunisie, d’Egypte et du Maroc progressent, les notre reculent. Quelles en sont les raisons techniques ? Faute de données chiffrées, il est encore trop tôt pour en titrer les conclusions, mais une chose est sûre : le judo d’élite aussi bien que celui réservé à une plus large pratique doivent être revus de fond en comble, pour constituer un même ensemble complémentaire. Trop de problèmes bloquent l’essor du judo national au point que, jusqu'à présent, on n’arrive pas à faire un véritable état des lieux de la discipline. Ainsi, au lieu de rassembler toutes les forces vives de ce sport qui fait pourtant l’objet d’un grand engouement populaire, c’est toujours l’isolement qui est de mise.

Nos participations aux derniers Championnats d’Afrique et aux Jeux Méditerranéens ne se sont pas faites sans vagues. Juste avant le départ à ces joutes, des athlètes sont montés au créneau pour crier haut et fort leur mécontentement en ce qui concerne le choix des sélectionnés, qui  allaient représenter l’Algérie. Ces athlètes s’estimaient avoir été lésés.

 

Absence de critères de sélection

En vérité, il n’existe pas encore de critères de sélection qui permettent l’accès et la représentation de l’Algérie dans les joutes internationales. Cela dure depuis longtemps et c’est une des raisons essentielles qui font que les choses n’avancent pas à ce niveau.

Sont-ce les meilleurs qui ont représenté le pays aux derniers Championnats d’Afrique et Jeux Méditerranéens ? Là aussi, on ne peut l’affirmer en toute objectivité tant il n’existe pas une évaluation régulière et continue des possibilités de notre élite. Notre Championnat national individuel, censé pourtant constituer le point de départ d’une sélection en équipe nationale,  n’est plus considéré. Il est même boudé par nos internationaux. Pourquoi cela ? Pour la simple raison que ces derniers ont peur de se faire épingler et perdre ainsi leur place en sélection.

Résultat : nos équipes nationales sont devenues une chasse gardée, au point où ce sont toujours les mêmes têtes qui reviennent. Avec la venue de la nouvelle équipe fédérale, il y a  eu, certes, des tentatives de réajustement, mais ce n’était pas assez pour éradiquer des habitudes néfastes.

 

Baliser la pratique de la discipline

Les changements que veut opérer la FAJ répondent-ils au souci de rajeunissement de nos équipes seniors, dont une grande partie de l’effectif est en fin de carrière, ou bien visent-elles tout simplement à faire perdurer la même démarche, basée sur le favoritisme ?

Le président de la Fédération algérienne de judo (FAJ), le Dr Ali Bendjemaâ, est conscient des écarts, puisqu’il les a, à maintes reprises, évoqués. La question qui se pose maintenant, est de savoir comment il s’y prendra, lui qui demande encore du temps. En attendant, une chose est sûre : il faudra commencer par baliser la pratique de la discipline et aller vers un projet à même de permettre à chaque acteur du judo national et à chaque niveau de pratique de jouer pleinement son rôle, dans l’intérêt d’abord de la discipline. Qu’ils soient athlètes, entraîneurs, arbitres, tout le monde devra passer par le couloir balisé de normes et autres critères scientifiques, qui donneront à tout un chacun la chance d’accéder à la gloire légitime, qui se gagne au prix de l’effort du travail bien fait, ce qui n’est malheureux pas le cas en général aujourd’hui.

 

Déterminer les raisons du recul…

Pour en revenir aux Jeux Méditerranéens de Pescara, qui ont vu notre pays remporter seulement 5 médailles de bronze, contre 2 en or et 3 en bronze lors de l’édition précédente d’Almeria 2005, alors que les prévisions était de 8, dont 3 en or, avant que ce pronostic soit revu à la baisse à la suite de l’absence de Soraya Haddad et le passage de Amar Benyekhlef dans la catégorie de poids supérieure, il y a nécessité d’en établir un bilan mais, surtout, de déterminer les véritables raisons de ce recul.

Mustapha Mabed

 

Razzia italienne : 176 médailles

 

Rang

Pays

Or

Argent

Bronze

Total

1

Italie

64

49

63

176

2

France

48

53

39

140

3

Espagne

28

21

34

83

4

Turquie

20

19

26

65

5

Grèce

19

14

31

64

6

Tunisie

13

11

13

37

7

Egypte

11

10

13

34

8

Serbie

9

13

13

35

9

Slovenie

7

9

10

26

10

Maroc

6

9

6

21

11

Croatie

5

12

11

28

12

Chypre

3

4

1

8

13

Albanie

2

4

0

6

14

Algérie

2

3

12

17

14

Syrie

2

3

7

12

16

Monténégro

2

2

3

7

17

Saint Marin

1

3

2

6

18

Libye

1

0

6

7

19

Bosnie-Herzégovine

0

3

5

8

20

Malte

0

1

0

1

20

Monaco

0

1

0

1

 

Totaux

243

244

295

782