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Zetchi face à la mafia du football

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Corruption, favoritisme, arbitrage

Zetchi face à la mafia du football

 

Les récentes déclarations du Président de la JSM Skikda, Azzouz Tabou, ont fait l’effet d’une bombe. Accusant deux de ses concurrents directs, l’US Biskra et l’USM Blida d’avoir acheté leur match respectivement contre l’ASM Oran (2-4 pour l’USB) et l’ASO Chlef (1-4 en faveur de l’USMB), le Président Skikdi ne s’est pas arrêté là puisqu’il a également dénoncé le favoritisme qui semble profiter aux clubs du Centre en général et du Paradou AC en particulier. Que ces pratiques antisportives et même hors la loi, soient avérées ou pas, elles ne sont pas nouvelles et il semble désormais capital, au début du nouveau mandat fédéral de prendre des mesures courageuses pour lutter contre la mafia du football algérien.

 

Le fléau de la corruption

Les affaires de corruption dans le football algérien ne semblent plus véritablement étonner les Algériens tant elles semblent se banaliser dans un football qui continue de s’enfoncer saison après saison dans les pratiques mafieuses. Les affaires de ce type continuent de gangréner les championnats médiatisés de Ligue 1 et 2 c’est un fait. Elles touchent encore plus la base si chère au nouveau Président Zetchi pour bâtir son projet. En effet, les championnats interrégionaux sont moins couverts médiatiquement mais tout aussi gangrénés. A titre d’exemple, la saison passée à la Ligue interrégionale de Saïda, le club historique de l’Ouest du CC Sig, crée en 1926 ayant atteint les quarts de finale de la Coupe d’Algérie en 1974-1975, a été victime d’une affaire scandaleuse liée à une simple domiciliation de stade la veille d’un match capital pour le maintien. Alors que le match devait se dérouler dans la ville voisine de Mohammadia, et malgré l’entière disponibilité des dirigeants, le match fut tout bonnement annulé pour des raisons de sécurité par le Wali de Mascara et le CC Sig sanctionné par un match perdu, entrainant la relégation, pour une décision avec laquelle il n’a aucune responsabilité. Ce club ayant donné entre autres illustres joueurs Benkadda, buteur lors de la finale des Jeux Méditerranéens à Alger contre la France, se débat aujourd’hui pour ne pas descendre en…ligue régionale. Il en est de même pour d’autres clubs comme le Widad de Tlemcen, le Mouloudia de Constantine crée par le grand savant Ben Badis, l’US Chaouia, le SA Mohammadia, CR Bougtob, le CRB Beni-Thour, la JSM Tiaret, le GC Mascara du grand Lakhdar Belloumi…Tous ont dénoncé la corruption qui détruit nos championnats. A cela s’ajoutent les comportements antisportifs et l’arbitrage maison et la violence. Ces pratiques pénalisent ainsi l’ensemble du football national de clubs qui étaient jadis pourvoyeurs de nombreux talents et qui disparaissent peu à peu du paysage footballistique. Il est plus inquiétant encore de constater que le nouveau Président Kheireddine Zetchi directement mis en cause par Azzouz Tabou qui l’accuse de favoriser le Centre et le club du PAC, n’ait pas encore réagi. Le maintien du football national dans le flou juridique et l’impunité totale ne mettra fin à ces pratiques, ni n’impulsera son développement.

 

Favoritisme, copinage régionaliste l’autre gangrène

 

 

Les accusations du Président de la JSM Skikda, corroborées par l’ancien international Abdelmalek Ziaya évoluant désormais à l’ASM Oran (il accuse 4 joueurs de l’ASMO d’avoir levé le pied contre l’US Biskra avec preuves à l’appui), sont gravissimes. Ce qui l’est encore plus, c’est le silence assourdissant de la FAF et des autorités judiciaires compétentes. Il faut dire que sur ce point, la FAF n’est pas tout à fait exempte de tout reproche. En effet, elle continue de donner le mauvais exemple en autorisant au sein de son bureau deux richissimes vice-présidents M. Rebbouh Haddad et M. Ould Zmirli à poursuivre leur mandat le plus normalement du monde au sein de l’USM Alger et le Nasr Hussein-Dey alors que les statuts sont clairs sur ce point. Dès lors, comment servir l’intérêt national si l’on est également lié à des intérêts particuliers ?

Une autre forme de favoritisme est dénoncée par les observateurs, c’est celle qui a trait au copinage régionaliste dans le choix des hommes au sein des instances dirigeantes de la FAF et de la DTN. Le constat est clair puisque les postes clés de Président de la FAF, les deux Vice-présidents, le Manager général de l’EN, le Président de la Ligue Nationale de Football ou encore « l’ancien nouveau » DTN, tous proviennent d’un seul et même secteur. Ceci relèverait de la maladresse si cela se limitait au partage de sièges mais les compositions des équipes nationales semblent aussi pâtir de choix sportifs régionalistes. La publication récente de la liste officielle des joueurs appelés à défendre les couleurs nationales lors des prochains Jeux Islamiques de Bakou est édifiante. Elle comprend ainsi pas moins de 17 joueurs sur 23 issus des clubs algérois dont 7 formés au seul Paradou. Si ces joueurs notamment ceux du PAC ont tout à fait le droit de prétendre à une sélection, cela ne doit pas se faire sur d’autres critères que la performance et le talent. Or, l’ASM Oran véritable institution formatrice de talents domine de la tête et des épaules les catégories jeunes puisqu’elle est, cette année, 3 fois finalistes de la coupe d’Algérie dans 3 catégories d’âge différentes. Elle est aussi en finale U21 face au voisin du MC Oran (2ème du championnat U21). Il est ainsi étrange de voir qu’absolument aucun de ses éléments ne figurent sur cette liste des joueurs convoqués pour le tournoi en Azerbaïdjan. Il en est de même pour le club sudiste de JS Saoura, classé 3ème et qui ne verra pas un seul de ses éléments défendre les couleurs du pays.

 

La FAF appelée à revoir sa copie

Dès lors, si la grande famille du football algérien salue la nomination de Kheireddine Zetchi, qui, par son expérience dans la formation et sa volonté de fédérer peut réformer, il n’en demeure pas moins que la gestion des affaires de la Fédération exige des mesures radicales pour rompre avec les pratiques du passé. La corruption ne doit plus être ignorée ni par la FAF ni par les autorités judiciaires du pays au risque d’encourager ce fléau. De même, le favoritisme régionaliste ne doit plus profiter du moindre espace dans le football national car ces pratiques loin de fédérer, entraînent au contraire la destruction de l’héritage du football national riche par sa diversité. A la lumière des informations livrées par le Président de la JSM Skikda, qui ont au moins le mérite d’ouvrir le débat sous le nouveau mandat de la FAF, il apparaît capital pour le nouveau Président Kheireddine Zetchi de réagir en prenant les mesures courageuses qui s’imposent. Tolérance zéro avec les pratiques de corruption d’où qu’elles viennent, bannissement de tous conflits d’intérêts pour les membres du bureau fédéral, réorganisation des moyens humains pour détecter les talents aux 4 coins du pays et plus seulement dans une seule région. L’espoir du renouveau existe et il se situe précisément là. Face à ces grands enjeux, la construction des académies semble finalement presque anecdotique tant ces dangers mettent en péril l’ensemble du football algérien.