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Saâdane et le temps des brûlots

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Il s’est donné à cœur joie de tout déballer

Saâdane et le temps des brûlots

Halilhodzic, qui s’en souvient ? C’est celui qui a mené les Verts au second tour d’un Mondial et raté d’un cheveu un ahurissant exploit en malmenant les futurs champions allemands avant de céder dans les prolongations, s’empresseront de vous marteler les inconditionnels des «Combattants du désert» qui se font, et à juste titre, du mourant quant à une 3e «qualif» de suite à la messe quadriennale du jeu à onze universel. Histoire de rappeler que les temps ont changé en même temps que les langues peuvent se délier et dire n’importe quoi. Se demander pourquoi un technicien aussi réservé que Saâdane a choisi ces moments précis où la FAF, avec un nouveau staff dirigeant, se propose de mener les réformes promises, pour faire de drôles de déballages. Décryptage.


On pouvait tout attendre de sa part sauf celle-là. Une couleuvre dure à avaler. Qui aura du mal à passer auprès d’une opinion qu’on peut imaginer, sans risque de se tromper et on fait partie du lot parce qu’on ne comprend rien à rien, surtout au choix du timing, sous le choc de déclarations que son auteur, connu pourtant pour ne pas parler pour ne rien dire ou ne parle pas très souvent, ne semble pas en mesurer toute la portée au moment même où, justement, la vitrine du sport roi national, en nette difficulté, n’arrive pas à bien digérer son couac dans la dernière édition de la CAN au Gabon.

Une EN qui se relève mal de ses derniers déboires et qui voit ses chances de figurer parmi les augustes invités du Mondial russe, l’année prochaine, fondre comme neige au soleil d’une Afrique du football jamais aussi chaude que quand il s’agit de Coupe du monde. Versés dans le groupe de la «mort», en compagnie du Nigeria, du Cameroun et de la Zambie, les Algériens, auteurs de débuts frisant le catastrophique donnent la nette impression de perdre leur football. Ne vont plus au charbon avec la même ardeur qu’on leur connaissait et rentrent progressivement dans les rangs.

Ne font tout simplement plus peur. Auteurs d’un glissement inexorable dans le classement Fifa où ils ont été mis hors podium au double plan continental et arabe après en avoir pris les rênes du commandement durant plusieurs années, Mahrez et ses coéquipiers, comme mal dans leur peau, se font discrets dans leurs clubs respectifs en Europe et paient cash les mauvaises campagnes menées depuis leur retour du Brésil où ils ont fait pourtant sensation en bousculant le onze national allemand contraint aux prolongations avant de sauver la mise et de marcher droit sur un autre sacre rarement aussi disputé que lors de cette confrontation face à des Verts évoluant sans complexe et ne s’avouant finalement vaincus que sur deux coups du sort.

Le Mondial brésilien c’est déjà loin. Aussi sûrement que celui qu’accueillera la Russie de Poutine s’est éloigné depuis ce naufrage au Nigeria qui les met pratiquement hors course. Aussi évident que l’un des artisans du «petit» exploit de 2014 qui le fait entrer dans l’histoire du football algérien, le franco-bosniaque Vahid Halilhodzic, est loin de cette capacité qu’ont les Algériens à oublier les mérites de l’autre et qui, du lointain Japon où la notion du travail et la reconnaissance trouvent toute leur signification, ne doit pas bien comprendre les raisons qui ont poussé son prédécesseur et non moins auteur de trois participations (ça fait peut-être monter les têtes) en Coupe du monde, le très calme et sage Rabah Saâdane, à s’attaquer aussi maladroitement à un des symboles du pays (l’E.N est une des institutions les plus respectées, pour preuve l’amour sans faille que lui vouent ses millions de fans) dont il minimise les mérites, pire encore, les met carrément en doute.

DE MAIS EN … MAIS !

 

L’ancien driver des «Fennecs», dont on connaît les relations devenues tumultueuses avec son ancien patron et désormais ex-président de la FAF, Mohamed Raouraoua, en a-til voulu également à ce dernier en se distinguant par une sortie médiatique aussi inattendue que déroutante par son côté vindicatif où il met un soin particulier à traîner dans la boue un peu tout le monde. Sous forme d’accusations gravissimes n’épargnant personne. Du tandem Raouraoua Halilhodzic aux autres acteurs principaux (les joueurs) de ces éliminatoires africaines toujours difficiles (Saâdane en connaît un bout pour avoir sillonné le continent où il compte quelques hauts faits d’armes que personne ne s’est permis jusque-là de contester ou remettre en cause et pourtant …) menées de maître avant de décrocher le fameux sésame pour Rio de Janeiro et cette participation qui fera date avec, cerise sur le gâteau et malgré une toute petite défaite à l’arrivée (une occasion exceptionnelle où les analystes se sont permis ou pu, par exemple, prendre quelques libertés avec la langue de Molière en utilisant l’expression qui sied le mieux à l’évènement, une défaite somme toute honorable ou comment «s’incliner la tête … haute», si tant est le Larousse le permet), le chapeau bas des observateurs.

 

Raouraoua n’est plus là, Halilhodzic a choisi une autre destination, dans un autre continent où il fait son petit bonhomme de chemin à la tête du Japon qu’il rapproche du prochain Mondial, l’EN n’est plus ce qu’elle était et espère rebondir bientôt sous la houlette du technicien espagnol Alcazar en négociant au mieux les futures et très rapprochées échéances internationales qu’il faudra relever au mieux dès le mois de juin et la réception du Togo pour le compte des éliminatoires de la CAN 2019. Il y a, comme ça, des pages qui se tournent dans la vie d’une équipe.

Avec ses hauts et ses bas. Avec fracas. Et les coups bas qui ne vous viennent pas, et ce n’est pas nouveau, du camp ennemi. Des propos malvenus et qui font mal. Les Verts sont donc allés au Bré- sil, ont joué et fait plus que séduire. Auraient pu, et largement, sans que personne ne crie au scandale, remettre en cause bien des convictions. A commencer par une hiérarchie qu’ils contesteront longtemps avant de sortir par la grande porte, la grande Mannschaft et ses super stars, qui passera à côté de la correctionnelle et aura eu besoin d’une demieheure de plus pour se débarrasser d’un coriace client, s’étant peut-être rappelé à cette équipe et ses nombreux soucis lors de la remise du plus prisé des trophées mis en jeu au monde.

Mais … Un gros mais nous informe Saâdane qui émet, le plus sérieusement du monde, quelques doutes, de sérieux doutes même, quant à la propreté (on ne trouve pas les mots) de la qualification algérienne au sommet brésilien dès lors que, selon lui (il le dira dans une émission TV, chez un confrère et à une heure de grande écoute et on imagine la surprise du public), le terrain n’ayant eu rien à voir lorsqu’il fallait passer aux tests successifs constitués par le Rwanda, le Mali, le Benin et enfin l’obstacle final, à Blida-Tchaker, nommé Burkina Faso devant lequel il a fallu souquer dur, passer par toutes les émotions et dans un suspense à déconseiller aux cardiaques avant de voir Bougherra, dans le bon endroit et au bon moment, délivrer tout son monde en mettant, dans un cafouillage monstre, un pied victorieux. Celui de fêtes populaires ininterrompues.

LE PUBLIC VEUT DES PREUVES Mérité ?

 

 

 

 

Quatre ans plus tard, c’est à une réponse abracadabrante que Saâdane nous conviera publiquement. Sans prendre de gants. A-t-il pesé ses mots avant de régler ses vieux comptes avec un peu tout le monde ? On peut croire que non lorsqu’il assène que «le Club Algérie» n’aurait jamais pu atteindre (ça veut dire quoi, ndlr ?) la phase finale du Mondial brésilien sans le jeu de coulisses de la Fédération algérienne de football.» Incompréhension et stupeur. Une véritable tempête. Pour une info, un scoop, c’en est un. Et un peu gros pour passer facilement.

De quelle manière a pu procéder Raouraoua (le premier visé, on n’en doute pas) pour aider M’Bolhi et les siens à passer ces quatre écueils ? Droit au but (on est dans le football n’est-ce pas ?), cela signifie que les responsables du football algérien (un appel du pied à la Fifa, intransigeante dans ce cas de figure depuis l’arrivée au pouvoir de l’Italo-Suisse Gianni Infantino et qui devrait, on peut le croire s’autosaisir du dossier en convoquant, on le souhaite vivement, l’auteur de ces accusations qui ont produit vrai séisme) ont du sortir le chéquier pour acheter les différents arbitres qui ont officié les rencontres des Verts sur la route de Rio. Rien moins que ça.

Saâdane, qui n’en a pas l’habitude, a parlé. Dit ses vérités dans un contexte marqué notamment par un nouveau virage de la balle ronde algérienne dont la particularité est de ne jamais rebondir dans le bon sens. Trajectoire improbable que promet, évidemment, de rectifier Zetchi et son équipe. Mais loin de ce genre de scandales dont ils n’ont nul besoin. Qui n’enrichissent pas, loin s’en faut, le débat. Un contexte particulier marqué aussi (un motif suffisant ?) par la décision de ce même Zetchi de botter en touche lorsqu’il fallait passer à la désignation du nouveau patron (il s’appelle Tikanouine, un ancien de la maison) de la Direction technique nationale (DTN) alors que certaines sources donnaient Saâdane pour grand favori à la succession de Toufik Kourichi, ce qui expliquerait cette réaction qu’on peut qualifier de violente de la part de ce qu’on appelle affectueusement «le cheikh» des entraîneurs.

 

L’arrivée, dans nos murs, du nouveau sélectionneur de l’E.N, Alcazar, a peut-être fini de le faire sortir (il aura perdu ses dernières illusions de revenir au premier plan, et en «sauveur») définitivement de ses gonds et accouché, à la surprise générale, d’accusations dont il faudra répondre. Plus d’une semaine après cet «impair» (Ce sont les années Raouraoua et ses nombreuses réalisations qui sont visés), c’est tout le monde sportif, sous le choc, qui attend une réponse officielle qui tarde à venir. Un démenti formel pour apaiser un tant soi peu des esprits toujours marqués par ces incroyables histoires de corruption gangrenant un milieu où tout le monde tire sur tout le monde. Traîne tout le monde dans la farine. Sans risque de rendre des comptes et donc de poursuite. «Gravement grave» comme dirait l’autre. Et que dira Raouraoua et que fera Zetchi? Attendre et voir. Ce n’est pas bon tout ce qui se passe autour de la discipline. Ça sent de plus en plus mauvais. Où va le football algérien ?

A. A.